​Aru : L’horreur au bout de l’innocence d’un nouveau-né étouffé dans un récipient, Espérance Andinio appelle à la responsabilité parentale

​C’est un récit qui glace le sang et qui alimente toutes les conversations dans les rues de la Commune d’Aru en Ituri. Une jeune femme d’une vingtaine d’années a commis l’irréparable la semaine dernière : donner la vie, pour ensuite l’étouffer dans le silence d’un récipient. Entre mensonges désespérés et détresse sociale, retour sur un drame qui interpelle la conscience collective.

​​Tout commence dans l’intimité d’une maison familiale. La jeune fille accouche seule, loin des regards. Mais au lieu des premiers cris de joie, c’est un silence de mort qui s’installe. Elle enferme son bébé dans un récipient, dissimulant ainsi le fruit de sa maternité.
​Alertée par l’état de santé de sa fille, la mère de cette dernière, ignorant tout du sort du nouveau-né, se précipite avec elle vers une structure sanitaire. Une scène surréaliste s’offre alors au personnel soignant : une mère qui arrive pour des soins, tenant le placenta à la main, mais sans l’enfant.

​​Face à l’insistance des services de sécurité et du corps médical, la jeune accouchée tente de brouiller les pistes.

« L’enfant est tombé dans les toilettes alors que j’allais faire mes besoins », lance-t-elle pour justifier l’absence du nourrisson.

Une version qui ne résiste pas longtemps à la sagacité des enquêteurs.
​Poussée dans ses retranchements, elle finit par avouer l’indicible : le bébé est enfermé dans un récipient à la maison. À l’arrivée des secours, le constat est sans appel. Privé d’oxygène et de soins, le nouveau-né a déjà rendu l’âme.

​​Ce fait divers tragique a fait réagir Madame Espérance Andinio, chef de service Genre, Famille et Enfant en Territoire d’Aru. Pour cette responsable, ce drame est le symptôme d’une crise de valeurs au sein de la communauté.

​« Nous déplorons fermement cet acte. Les parents doivent reprendre leur place et assumer leurs responsabilités dans l’éducation de leurs enfants », a-t-elle déclaré, tout en exhortant les jeunes filles à plus de conscience et de maturité face aux défis de la vie.

​​Au-delà de la sanction pénale qui attend la jeune mère, ce drame soulève des questions de fond : Comment en est-on arrivé là ? Quelle détresse ou quelle pression a pu pousser une jeune femme de 20 ans à commettre un tel acte ?
​Alors que la Commune d’Aru porte le deuil de ce petit être qui n’aura vécu que quelques minutes, l’heure est à la réflexion sur l’encadrement de la jeunesse et le dialogue parent-enfant, afin que plus jamais, un récipient ne serve de berceau de mort.

​ Rédaction.

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