La tension monte dans le Territoire d’Aru, en Ituri. Les enseignants, dont les salaires sont désormais versés par la Rawbank, dénoncent de graves dysfonctionnements dans le nouveau système de paiement bancaire.
Selon plusieurs témoignages recueillis par visiondarunews.com, le salaire du mois de janvier 2026 accuse un retard de près de deux semaines. À cela s’ajoutent des irrégularités qui alimentent la colère : certains enseignants affirment avoir constaté des montants amputés, d’autres disent avoir découvert des soldes totalement vides sur leurs cartes bancaires, tandis que quelques-uns assurent avoir perçu des sommes supérieures à celles attendues.
Face à cette situation jugée
« incompréhensible », les enseignants réclament la suspension du système bancaire actuel et le retour au paiement manuel. Ils exigent également la régularisation immédiate des comptes des agents lésés et une solution urgente pour ceux qui n’ont toujours rien perçu.
« L’actuel système de paie est très mauvais parce qu’il fait souffrir les enseignants. Nous voulons la paie manuelle et la totalité de l’argent. Certains ont déjà pris leurs montants déficitaires. Il reste à compléter ce qui a été dérobé. Pour ceux qui n’ont pas encore reçu leur argent, chaque chef d’établissement doit préparer une procuration pour que chacun ait son dû en totalité », a déclaré le représentant des enseignants.
Les enseignants appellent par ailleurs les autorités compétentes à s’impliquer afin qu’une issue rapide soit trouvée.
Contacté, le responsable de la Rawbank avance une autre lecture des faits. Selon lui, les écarts constatés s’expliqueraient notamment par la souscription de certains enseignants à des services bancaires additionnels, comme les alertes SMS payantes, ou par des crédits contractés antérieurement et faisant l’objet de prélèvements.
« La Rawbank a envisagé la solution digitale avec des cartes bancaires. Aussitôt le compte crédité, chaque enseignant est libre de passer auprès de l’agent bancaire pour retirer son argent. Les cartes bancaires sont payables. Certains avaient souscrit à des produits digitaux comme les alertes. D’autres avaient bénéficié de crédits qu’ils n’avaient pas correctement remboursés. La banque doit prélever ces remboursements. Certes, il y a des réclamations. Avec leur responsable, nous allons élaborer une liste de tous ces cas et travailler avec la direction pour trouver une solution », a-t-il expliqué Monsieur Terra.
La banque se dit ainsi disposée à examiner chaque dossier au cas par cas.
En attendant, dans les salles de classe d’Aru, l’inquiétude demeure. Entre modernisation bancaire et précarité salariale, les enseignants estiment payer le prix d’une transition qu’ils jugent mal préparée — et dont ils réclament désormais des comptes.
Rédaction

