Un simple pare-brise éclaté aurait pu raviver des tensions latentes et fissurer la cohésion sociale. À Jupamaa, dans le groupement Labu-Ramogi, chefferie des Mukambu, Territoire de Mahagi, la matinée du mardi 17 février 2026 a été marquée par un incident qui a brièvement troublé la quiétude de la communauté.
Le véhicule du commerçant Ukumu Musa a été la cible de jets de pierres par des inconnus. Si les dégâts matériels se limitent à un pare-brise brisé, l’acte, lui, a suscité inquiétude et spéculations au sein de la population, sur fond de présumées mésententes communautaires.
Conscients du risque d’escalade, les acteurs locaux n’ont pas tardé à réagir. La Société civile et le chef du village ont dépêché, dans la matinée même, une mission de médiation afin d’établir les faits et d’apaiser les esprits. L’enquête n’a permis d’identifier aucun suspect, mais l’essentiel était ailleurs : désamorcer la crise avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Le moment le plus marquant de cette initiative est intervenu lorsque le commerçant Ukumu Musa et le taximan Uyirwoth se sont présentés côte à côte devant la population pour sceller leur réconciliation. À l’approche du carême — l’un de confession catholique, l’autre musulmane — les deux hommes ont échangé une poignée de main et des paroles de pardon, offrant à la communauté un symbole fort de tolérance et de vivre-ensemble.
La Société civile a condamné avec fermeté cet acte de vandalisme, qu’elle attribue à la jalousie, tout en appelant déplacés et familles d’accueil à préserver l’unité et la cohésion sociale.
À Mokambo, un pare-brise s’est brisé. Mais c’est la paix, finalement, qui est restée intacte.
OSCAR UYERGIU UNG’I

