Tchomia s’est figée, le samedi 28 février 2026. Sous un ciel lourd de silence, la cité lacustre de la chefferie des Bahema Banywagi dans le Territoire de Djugu en Ituri a accompagné à sa dernière demeure Bahati Mugisa Amoti Franck. Dans l’assistance, autorités coutumières, administratives, acteurs de la société civile et anonymes partageaient la même peine : celle de perdre un homme décrit comme un repère, un rassembleur, un artisan infatigable du vivre-ensemble.
Au nom de la jeunesse, le Président du Conseil territorial de la Jeunesse de Djugu, Ngabu Mbitchu Christian, a livré un hommage vibrant, empreint d’émotion. Plus qu’un collaborateur, a-t-il confié, le défunt était un pilier pour toute une génération engagée dans la quête de stabilité en Ituri.
« Un homme actif, utile et dévoué », dont l’engagement dépassait les fonctions pour toucher les consciences.
Au cœur des interventions, un même fil conducteur : la paix. Les jeunes ont salué la mémoire d’un « auguste artisan de paix » qui, dans un Territoire meurtri par les violences, n’a cessé d’encourager la cohabitation pacifique et le dialogue intercommunautaire. S’adressant respectueusement à Sa Majesté Yves Panga Mandro, chef de chefferie des Bahema Banywagi, ils ont rappelé que l’œuvre de réconciliation entreprise ne saurait s’arrêter au seuil de la tombe.
L’appel lancé à la population est sans équivoque : préserver les échanges socio-économiques entre Djugu et Mahagi, consolider les passerelles entre communautés et refuser toute tentative de manipulation susceptible d’entraîner le Territoire vers l’autodestruction. Dans cette dynamique, la jeunesse a réaffirmé sa confiance aux autorités provinciales, sous la conduite du gouverneur militaire, le Lieutenant-Général Jonny Luboya Kashama, tout en promettant de demeurer vigilante.
Au-delà du deuil, la cérémonie a ainsi pris l’allure d’un serment collectif. Celui de poursuivre le combat pour la cohésion sociale et de faire émerger, dans les rangs de la jeunesse, de nouveaux bâtisseurs de paix.
À Tchomia, la terre s’est refermée sur Bahati Mugisa Amoti Franck. Mais dans les mémoires, son héritage de dialogue et de fraternité demeure une boussole. Et dans le tumulte persistant de l’Ituri, son nom résonne désormais comme une exigence : celle de ne jamais renoncer à la paix.
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