Ils quittent Mahagi avec l’espoir d’un avenir meilleur. Ils en reviennent, pour certains, brisés. L’exode des jeunes vers Watsa, dans la province du Haut-Uele, prend une tournure de plus en plus alarmante.
L’alerte est lancée par le commandant LOBO COMBE Lambert. En visite familiale à Djukoth, dans le Territoire de Mahagi en Ituri le lundi 2 mars, il a dénoncé une situation qu’il juge dramatique. Selon lui, plusieurs jeunes partis à Watsa en quête d’emploi y vivent un véritable calvaire dès leur arrivée.
Cartes d’identité confisquées, salaires impayés pendant des mois, absence de soins de santé appropriés : les témoignages recueillis dressent un tableau sombre. Certains y auraient même perdu la vie. D’autres, de retour à Mahagi, présentent des signes inquiétants de détresse, affaiblis physiquement et profondément marqués psychologiquement.
Le commandant pointe également du doigt l’implication présumée de certains conducteurs de taxi, accusés de servir d’intermédiaires à des recruteurs peu scrupuleux promettant des emplois fictifs. Un système bien rodé, selon lui, qui exploite la vulnérabilité d’une jeunesse en quête d’opportunités.
Pourtant, insiste-t-il à visiodarunews.com, des possibilités d’activités existent aussi à Mahagi. Il appelle ainsi les parents et les acteurs de la société civile à redoubler de vigilance. Parmi les mesures proposées : un contrôle strict des documents aux postes frontaliers et l’exigence d’une feuille de route dûment signée par les autorités compétentes avant tout déplacement vers Watsa.
Face à ce qu’il qualifie de « véritable piège », le commandant LOBO COMBE Lambert lance un appel pressant à la responsabilité collective. Car derrière chaque départ précipité, il y a un rêve fragile — et trop souvent, un retour sans illusions.
OSCAR UYERGIU UNG’I

