La peste porcine continue de décimer les élevages dans la chefferie des Nio-Kamule, en Territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri.
Une situation préoccupante qui suscite l’indignation de la société civile locale, laquelle dénonce une propagation favorisée par de graves défaillances aux frontières et l’absence de services vétérinaires.
Selon Ongua Totia Louis, coordonnateur de cette structure citoyenne, l’importation incontrôlée de porcs en provenance de l’Ouganda constitue l’une des principales sources de contamination. Il cite notamment les points d’entrée d’Erebhoa et de Manga Saba, où les contrôles sanitaires seraient insuffisants.
« Le service de quarantaine ne fait pas correctement son travail. Il laisse entrer des porcs malades, voire des carcasses. Une fois à Ondolea, certaines populations s’en emparent pour alimenter leurs restaurants », déplore-t-il à visiondarunews.com.
À cette situation s’ajoute l’absence prolongée de vétérinaire dans la chefferie, rendant difficile tout contrôle sanitaire, notamment en ce qui concerne l’abattage des animaux.
« Il n’y a personne pour encadrer l’abattage. Nous ne cessons de solliciter l’affectation d’un vétérinaire. Aujourd’hui, ni agronome ni vétérinaire ne sont présents. Nous nous sentons abandonnés par l’État », s’indigne-t-il.
Au-delà de la peste porcine, la société civile alerte également sur la recrudescence des vols de bétail, signalés dans les deux sens de la frontière entre la RDC et l’Ouganda, faute de mécanismes de contrôle efficaces.
Par ailleurs, Ongua Totia Louis dénonce la vente anarchique de produits pharmaceutiques, tant vétérinaires qu’à usage humain, dans les marchés locaux.
« Ces produits sont vendus sans aucun encadrement, exposant la population à des risques d’intoxication et de maladies liés à des médicaments prohibés », alerte-t-il.
Face à cette situation jugée critique, la société civile appelle à une intervention urgente de l’Inspection territoriale de la pêche et de l’élevage, afin d’endiguer la propagation de la maladie et de protéger la santé publique.
Dans une région où l’élevage constitue un pilier économique et alimentaire, l’inaction des autorités pourrait avoir des conséquences durables, tant sur les moyens de subsistance que sur la sécurité sanitaire des populations.
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