Les autorités de la chefferie des Mokambo dans le Territoire de Mahagi en Ituri se disent satisfaites des premiers résultats enregistrés dans la mise en œuvre de la réglementation de la pêche sur le Lac Albert, à l’issue de quinze jours d’opérations de contrôle et de surveillance.
Une réunion d’évaluation s’est tenue le samedi 13 juin à Mokambo, sous la présidence du secrétaire administratif de la chefferie, M. Ucaki Unyuthi. Elle a réuni les forces de sécurité, des acteurs de la société civile ainsi que des représentants des pêcheurs locaux, dans le cadre du suivi des mesures arrêtées lors d’une rencontre sécuritaire tenue à Apala à la mi-mai sous la conduite du colonel Ekofo.
Selon le chef de l’unité de surveillance, Jean-Pierre Pithua, officier de police judiciaire à compétence restreinte, les opérations menées depuis le 30 mai ont permis de retirer de la circulation plusieurs engins de pêche prohibés, notamment des hameçons non réglementaires, des filets monofilaments, des moustiquaires ainsi que des filets de type senne. Ces matériels sont actuellement conservés en attendant leur destruction par incinération.
Du côté des pêcheurs, les premières retombées de cette opération sont globalement bien accueillies. Plusieurs d’entre eux ont salué les efforts des autorités en faveur de la préservation des ressources halieutiques du lac et ont exprimé leur engagement à se conformer progressivement à la réglementation en vigueur, en remplaçant les équipements interdits par du matériel autorisé.
Ils ont également dénoncé certaines pratiques jugées nuisibles à l’écosystème, notamment l’utilisation de lampes pour la pêche nocturne, estimant qu’elle contribue à la destruction des poissons et à la perturbation de la reproduction aquatique.
Sur le plan des effets observés, les participants ont relevé une baisse de la présence de petits poissons sur les marchés locaux, ainsi qu’une amélioration de la qualité des captures réalisées par les pêcheurs utilisant des engins conformes.
La société civile, pour sa part, a recommandé la mise en place d’une coopérative des pêcheurs afin de faciliter l’accès aux filets réglementaires et de renforcer l’organisation du secteur. Elle a également insisté sur la nécessité d’une appropriation durable des bonnes pratiques, indépendamment des opérations de contrôle.
Les autorités ont, de leur côté, mis en garde contre toute tentative de corruption ou de fraude visant à contourner la réglementation en vigueur. Elles ont réaffirmé leur engagement à protéger l’écosystème du Lac Albert et à lutter contre toute forme de pêche destructrice, qu’elle soit locale ou transfrontalière.
Au-delà des premiers résultats jugés encourageants, les autorités préviennent que la réussite de cette réforme dépendra surtout de la discipline des pêcheurs et de la poursuite rigoureuse des contrôles sur le terrain.
Oscar Uyergiu Ung’i

