Mahagi : la « ville morte » se poursuit à Jukoth 2 Berunda, la société civile réclame l’intervention urgente des autorités

L’opération « ville morte » se poursuit dans le groupement de Jukoth 2 Berunda, en chefferie des Jukoth, Territoire de Mahagi (Ituri), où la société civile et plusieurs structures communautaires maintiennent leur mouvement de protestation pour dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire.

Dans une déclaration publique lue mercredi 29 juillet devant une foule de habitants, le porte-parole de la société civile forces vives de Jukoth 2 Berunda, Robert Uroci Adjaruva, a appelé à l’intervention urgente des autorités provinciales et territoriales. Les manifestants exigent notamment la descente sur place de l’Administrateur du Territoire de Mahagi, du Commandant des opérations en Ituri ainsi que du Gouverneur de province afin d’apporter des réponses durables aux préoccupations de la population.

Selon la société civile, les habitants dénoncent des actes de tracasseries, d’extorsion et d’insécurité qu’ils attribuent à certains éléments militaires communément appelés « Tigres » ainsi qu’à des éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Ils réclament également le départ sans condition du commandant de ces éléments déployés à Berunda ainsi que d’autres responsables qu’ils estiment impliqués dans ces abus.

Parmi les cas évoqués figurent le vol de plusieurs motos, la disparition d’une quantité d’or estimée à neuf kilogrammes, le vol de plus de neuf millions de francs congolais chez un habitant ainsi que de plus de quatre millions de francs congolais chez une autre victime. La société civile dénonce aussi des arrestations arbitraires suivies d’exigences de paiement pour obtenir la libération des personnes interpellées.

Les responsables communautaires affirment en outre que des taxes jugées illégales, variant entre 100 000 et 500 000 francs congolais, voire jusqu’à un million de francs congolais, seraient imposées à certains habitants par des éléments des « Tigres ».

La même source indique également qu’une partie importante de la population du village de Mawa a quitté la localité depuis la semaine dernière, craignant pour sa sécurité face aux menaces persistantes.

Lancée le mardi 28 juillet 2026, l’opération « ville morte » reste maintenue. La société civile prévient qu’elle ne sera levée qu’après l’arrivée effective des autorités sollicitées et l’ouverture d’un dialogue susceptible de déboucher sur des solutions concrètes aux problèmes sécuritaires dénoncés par la population.

Rédaction

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