Le Groupe de réflexion des fils et filles de la chefferie des Lu a organisé, le mardi 11 août à Yuku, une série de conférences consacrées notamment à la culture traditionnelle, au développement économique et à la gestion pacifique des conflits.
Ces échanges ont réuni différentes couches de la population de cette entité territoriale décentralisée, avec l’objectif de réfléchir aux moyens de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir le développement local.
Parmi les thèmes abordés : la contribution de la culture traditionnelle lugbara au développement de l’économie de la chefferie des Lu. Une thématique développée par Justin Adriko Mundua, père dominicain en mission à Anvers, en Belgique.
Selon lui, certaines pratiques traditionnelles constituaient autrefois de véritables mécanismes de solidarité et d’autonomisation économique au sein des communautés.
Il cite notamment l’exemple d’un jeune qui recevait une poule de son oncle et qui, grâce à un élevage bien conduit, pouvait progressivement constituer un important cheptel.
« Si ces traditions étaient encore respectées jusqu’aujourd’hui, je ne pense pas qu’un seul Lu serait pauvre », estime-t-il à visiondarunews. com.
Pour ce religieux, l’abandon progressif de certaines valeurs culturelles contribue à fragiliser les mécanismes traditionnels de solidarité et de développement économique.
Il appelle ainsi les habitants de la chefferie des Lu à revaloriser leur patrimoine culturel et à se prémunir contre toute influence extérieure susceptible, selon lui, de freiner les initiatives locales.
La gestion pacifique des conflits a également été au centre des échanges.
Le facilitateur de cette session, Fidèle Dramani, fait état de tensions persistantes dans plusieurs groupements de la chefferie, notamment autour des questions foncières.
Il estime que la médiation au niveau local peut contribuer à désamorcer les tensions et à préserver la cohésion sociale.
« Les conflits ne disparaîtront jamais totalement, mais nous pouvons au moins parvenir à les maîtriser », explique-t-il.
Pour lui, le règlement des différends au niveau local permettrait également d’éviter que certaines parties se sentent systématiquement lésées à l’issue des procédures officielles.
Dans cette perspective, un cadre de concertation réunissant les différentes forces vives et parties prenantes est préconisé. L’objectif est de permettre aux communautés de discuter directement des questions liées à la sécurité, à l’économie et au développement.
Cette rencontre apparaît ainsi comme une tentative de rapprocher les solutions des communautés concernées, en misant à la fois sur les valeurs culturelles et sur le dialogue.
Dans la chefferie des Lu, les initiateurs de ces assises espèrent désormais que ces réflexions dépasseront le cadre des conférences pour se traduire par des actions concrètes en faveur de la cohésion sociale et du développement local.
Rédaction
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