Une semaine après le double assassinat de deux commerçants à Ndrélé, dans le Territoire de Mahagi, la chefferie des Djukoth appelle la population au calme et à laisser la justice établir les responsabilités.
Le centre commercial de Ndrélé reste marqué par la douleur et les tensions après l’assassinat du commerçant Uponjuru Benjamin et de son vendeur Ukumu Albéric, abattus par balles dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août dernier.
Depuis ce drame, la population cherchait à comprendre les circonstances et les auteurs de ce double meurtre. Après l’enterrement des deux victimes, intervenu mercredi, des soupçons ont commencé à circuler dans la communauté, visant notamment trois commerçantes.
Ces accusations, qui restent à ce stade des soupçons et doivent encore être établies par les enquêtes, ont provoqué la colère d’une partie de la population. Des actes de vandalisme ont été signalés dans plusieurs endroits de Ndrélé. Des boutiques et entrepôts auraient été saccagés, tandis que certains domiciles auraient été détruits ou incendiés.
La situation s’est davantage tendue jusqu’au samedi 29 août, avec plusieurs coups de feu rapportés et des blessés. Un jeune garçon atteint par balle aurait notamment été évacué en urgence vers l’Hôpital général de référence de Logo. Plusieurs enfants, plongés dans une situation de panique, auraient également été conduits dans des structures sanitaires.
Face à cette situation, Sa Majesté Alipacu Lossani Atinda Jean, chef de la chefferie des Djukoth, s’est rendu à Ndrélé samedi pour appeler la population à l’apaisement.
Le chef coutumier invite les habitants à bannir les discours de haine, la jalousie et tout comportement susceptible de diviser la communauté. Il rappelle que le dossier est déjà entre les mains des services compétents de l’État et que seule une enquête sérieuse doit permettre d’établir les responsabilités dans le double assassinat.
Sa Majesté Alipacu Lossani Atinda Jean appelle également les habitants à ne pas détruire les biens d’autrui sur la base de simples rumeurs. Pour lui, tous ceux qui vivent à Ndrélé font partie de la communauté des Djukoth et doivent privilégier la construction plutôt que la destruction.
De son côté, Jacques Pithua, sous-coordonnateur de la Société civile Forces vives de la chefferie des Djukoth, condamne également les actes de vandalisme. Il appelle les services de sécurité à assumer leur responsabilité dans la protection de la population et de ses biens.
La société civile insiste par ailleurs sur la nécessité d’éviter toute communautarisation du double assassinat et des violences qui ont suivi.
À Ndrélé, l’appel est donc à la retenue : laisser les enquêteurs faire leur travail, éviter les accusations sans preuves et préserver la paix ainsi que la cohésion sociale dans ce centre commercial de la chefferie des Djukoth.
OSCAR UYERGIU
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