Les autorités des Territoires d’Aru et de Mahagi appellent les communautés d’Azao, dans le groupement Alivo Nyoro, et de Makaya, en chefferie des Alurs Djuganda, à mettre immédiatement fin aux hostilités. Cet appel a été lancé jeudi 27 août, lors d’une rencontre organisée à la limite administrative entre les deux entités.
La réunion a réuni les délégations des deux Territoires, conduites respectivement par l’Administrateur policier d’Aru et l’Administrateur militaire de Mahagi. Ils étaient accompagnés notamment des députés nationaux Adjio Gidi et Bhileni, ainsi que des chefs des chefferies des Lu et des Alurs Djuganda.
Les participants ont d’abord été briefés sur les violences récemment enregistrées entre les deux communautés, avant d’effectuer une descente sur le terrain. Ils ont notamment constaté l’incendie de plusieurs maisons et la destruction de biens de valeur.
Selon le député national Adjio Gidi, à l’origine de ces violences se trouve le vol d’une moto. L’auteur présumé aurait ensuite été victime de justice populaire et serait décédé des suites de ses blessures.
« À la suite de ce vol, la justice populaire s’est mise en marche contre l’auteur présumé, qui a été lynché et est mort des suites de ses blessures », explique Adjio Gidi.
En représailles, des habitants de Makaya se seraient rendus à Ameri, à environ trois kilomètres, où plusieurs maisons et biens auraient été incendiés. Trois personnes auraient également été grièvement blessées.
Face à cette escalade, les autorités d’Aru et de Mahagi ont jugé nécessaire de réunir les deux parties afin de prévenir une aggravation de la situation et de préserver la cohabitation entre les communautés.
Pour Adjio Gidi, cette démarche est d’autant plus importante que les populations d’Aru et de Mahagi entretiennent des liens historiques anciens. Il rappelle que les deux Territoires formaient autrefois une même entité administrative, avant 1958.
À l’issue de la rencontre, les deux délégations ont condamné la justice populaire et les représailles. Elles ont recommandé la cessation immédiate des hostilités et demandé aux populations de s’abstenir de toute provocation.
Les autorités ont notamment interdit l’installation de pancartes ou la création de nouvelles limites de manière unilatérale. Elles appellent également les habitants des deux côtés à privilégier le dialogue et le vivre-ensemble.
Les responsables locaux espèrent que ces recommandations seront respectées afin d’éviter une nouvelle flambée de violences dans cette zone frontalière.
La paix entre les communautés d’Aru et de Mahagi reste désormais le principal enjeu, alors que les autorités appellent les populations à tourner la page des représailles et à privilégier la coexistence pacifique.
Rédaction
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