L’exploitation illicite de l’or dans la chefferie des Aluru dans le Territoire d’Aru en Ituri continue d’alimenter de vives inquiétudes au sein des communautés locales. Malgré les alertes répétées, des activités minières jugées illégales se poursuivent, impliquant, selon plusieurs témoignages, des ressortissants chinois en collaboration avec certains opérateurs congolais.
Pour s’enquérir de la situation, une délégation de l’association des étudiants originaires de la chefferie des Aluru a effectué une descente sur terrain le samedi 21 mars 2026. Leur constat est sans appel : si les activités ont été suspendues sur la concession de l’église CECA 20 à Ongo, elles se poursuivent activement au village de Lolodi, dans le groupement des Auko.
Sur place, les stigmates de cette exploitation sont visibles à grande échelle. Champs ravagés, sources d’eau détruites, arbres fruitiers abattus et creusements anarchiques de fosses témoignent d’un impact environnemental alarmant. Les habitants, eux, se disent abandonnés et désemparés face à une situation qui échappe, selon eux, au contrôle des autorités locales.
« Ces exploitants ont détruit plus de deux kilomètres de terres et continuent leurs activités. Nous ne savons plus vers qui nous tourner », déplore un habitant de Lolodi, appelant à l’intervention urgente des autorités compétentes.
Un autre témoignage évoque une crise humanitaire naissante :
« Nos champs sont détruits, il n’y a plus d’eau potable ni de nourriture. Nous ne savons pas comment nourrir nos enfants. »
Les étudiants, à l’issue de leur mission, tirent la sonnette d’alarme. Ils estiment que la situation à Lolodi est encore plus critique que celle observée à Ongo, avec des risques accrus de famine et d’insécurité pour les populations. Ils appellent le service des Mines à intervenir sans délai et exhortent les autorités à prêter une oreille attentive aux cris de détresse des habitants.
Par ailleurs, ils sollicitent également l’implication des organisations humanitaires afin de venir en aide aux communautés affectées par cette exploitation incontrôlée.
À Lolodi, l’or continue de briller… mais pour les habitants, il n’éclaire plus que l’ombre d’une crise qui s’enracine dans le silence.
Rédaction

