La paroisse Saint Paul d’Utru en chefferie des Kakwa dans le Territoire d’Aru en Ituri a célébré, le dimanche 25 janvier 2026, le 63ᵉ anniversaire de son érection canonique, couplé à sa fête patronale, dans une atmosphère de ferveur et de lucidité pastorale.
Au cœur de la célébration eucharistique, le curé de la paroisse, l’abbé Emmanuel, a invité les fidèles à s’inspirer de l’exemple de l’apôtre Paul, dont la vie, après sa conversion, a été profondément marquée par la Parole de Dieu.
« Que la Parole de Dieu que vous écoutez vous transforme et transforme également votre environnement », a-t-il exhorté à visiondarunews.com, appelant chacun à une foi vivante et agissante.
Cette célébration a aussi été l’occasion de poser un regard réaliste sur les défis auxquels la paroisse est confrontée. Premier constat : l’église paroissiale ne suffit plus à contenir la foule des fidèles, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Face à cette situation, l’abbé Emmanuel a plaidé pour la réhabilitation du temple.
« C’est un projet qui nous concerne tous. Chacun est appelé à y contribuer pour le rendre concret », a-t-il lancé, appel soutenu par le député national Kizito Arakayo, présent à la cérémonie.
Deuxième constat, plus préoccupant : la crise des vocations sacerdotales. Selon le curé, la paroisse a donné l’abbé Drumo en 2017, puis l’abbé Atulu en 2022. Depuis lors, aucun aspirant n’est signalé ni au petit séminaire, ni à la propédeutique, ni au philosophat ou à la théologie.
« C’est un silence qui doit nous interpeller », a-t-il observé avec gravité.
Ce constat a été dressé dans un contexte pourtant symbolique : la célébration du jubilé d’argent de sacerdoce de l’abbé Donatien Angora Matabisi, fils de la paroisse, accompagné de ses confrères de promotion, les abbés Godefroy Upartho et Matthias Bhayo.
Face à cette situation, l’abbé Emmanuel a lancé un appel clair aux familles : « Les parents doivent être attentifs et aider leurs enfants à discerner et à répondre à l’appel de Dieu. »
À 63 ans, la paroisse Saint Paul d’Utru mesure le chemin parcouru, mais surtout celui qui reste à tracer : bâtir des murs plus larges pour accueillir les fidèles, et des cœurs plus disponibles pour faire naître les vocations de demain.
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