Dans la chefferie des Djukoth, en Territoire de Mahagi, le départ massif des jeunes vers les zones minières devient un phénomène de plus en plus préoccupant. Face à cette situation qui prend de l’ampleur, les acteurs de la société civile s’inquiètent des conséquences sociales, éducatives et sanitaires de cette migration.
Selon la Société civile forces vives de la chefferie des Djukoth, de nombreux jeunes, y compris des mineurs, quittent leurs villages pour tenter leur chance dans les sites miniers de Durba, Mungwalu ou encore Mambasa. Une aventure qui, dans la plupart des cas, se fait au détriment de leur scolarité et de leur sécurité.
Pour Jacques Pithua, sous-coordonnateur de cette structure citoyenne en Djukoth, le phénomène touche particulièrement les enfants en âge scolaire. Beaucoup abandonnent les études pour se rendre dans ces régions où ils travaillent dans les champs ou s’adonnent à diverses activités informelles, sans aucune garantie contractuelle ni protection sociale.
Cette situation expose ces jeunes à de multiples dangers.
« Certains tombent gravement malades faute de soins médicaux appropriés, d’autres perdent la vie, tandis que plusieurs se retrouvent sans ressources et sans possibilité de retourner dans leurs villages », alerte -t-il à visiondarunews.com.
Face à cette réalité, la société civile appelle la jeunesse de Djukoth à privilégier les opportunités locales pour assurer leur subsistance. Elle encourage notamment le développement du jardinage, du petit commerce, des formations professionnelles et d’autres activités génératrices de revenus au niveau local.
Par ailleurs, Jacques Pithua condamne avec fermeté le rôle de certaines agences de transport, des voies de communication et des conducteurs de taxi accusés de faciliter le déplacement de mineurs vers les zones minières sans l’autorisation de leurs parents.
Il invite enfin les services de sécurité à renforcer les contrôles sur les routes afin de mettre fin à cette pratique dans toute l’étendue de la chefferie des Djukoth.
Si rien n’est fait, préviennent les acteurs de la société civile, cette ruée vers les mines risque de priver toute une génération de son avenir.
Oscar Uyergiu Ung’i

