Aru : Conflit foncier à Ayaya , les familles Ayiko et Odru s’engagent à mettre fin aux hostilités en attendant l’intervention de l’État

Une lueur d’espoir apparaît dans le conflit qui oppose depuis plusieurs semaines les familles Ayiko et Odru, au village Ayaya, dans la chefferie des Aluru en Territoire d’Aru en Ituri. À l’initiative de la jeunesse de la chefferie, accompagnée de plusieurs leaders communautaires, une mission de sensibilisation a été menée le mercredi 15 juillet afin d’encourager les deux parties à renoncer à toute forme de violence en attendant les décisions des autorités compétentes.

Les échanges se sont déroulés séparément avec chacune des familles. La délégation a d’abord rencontré la famille Odru de 14 heures à 16 heures, avant de poursuivre les discussions avec la famille Ayiko de 16 heures à 18 heures. À l’issue de ces rencontres, les deux camps ont promis de ne plus reprendre les affrontements qui ont récemment endeuillé la communauté. Les médiateurs les ont également exhortés à regagner le village et à privilégier le dialogue.

Président de la jeunesse de la chefferie des Aluru, Nicolas Madyo Eriku s’est réjoui de cette avancée, qu’il considère comme le fruit d’un effort collectif.

« Aujourd’hui est un jour de satisfaction. Nous avons réussi à réunir les deux familles, à échanger avec elles et à les amener à prendre conscience des conséquences de ce conflit. C’est une grâce de Dieu, mais aussi le résultat de la mobilisation de nombreux fils et filles Alur qui, chacun à sa manière, ont soutenu cette démarche », a-t-il déclaré à visiondarunews.
com.

Le responsable de la jeunesse a salué l’attitude des deux familles qui, malgré les tensions et les blessures encore vives, ont accepté d’écouter les conseils des médiateurs et de s’engager publiquement à mettre fin aux hostilités.

Selon lui, les investigations menées sur le terrain révèlent que le conflit foncier à l’origine des violences ne concerne en réalité qu’un nombre limité d’individus, dont les ambitions personnelles auraient progressivement entraîné l’ensemble des deux familles dans une spirale de violences.

« Nous avons constaté que ce différend n’oppose pas toutes les familles, mais seulement quelques personnes qui poursuivent des intérêts particuliers. Malheureusement, leurs agissements ont plongé toute une communauté dans la souffrance », a-t-il regretté.

Nicolas Madyo Eriku a dénoncé les conséquences humaines de cette crise, rappelant que plusieurs habitations ont été détruites, des familles déplacées et de nombreux enfants privés d’école après avoir perdu leurs effets scolaires. Il a appelé les personnes à l’origine de la crise à cesser toute manipulation et à ne plus entraîner des familles entières dans des conflits motivés par des intérêts individuels.

Le président de la jeunesse a également invité les populations à entreprendre progressivement la reconstruction des habitations endommagées afin de favoriser le retour des déplacés, tout en évitant toute activité dans la zone litigieuse jusqu’à la décision officielle des autorités.

Il a rappelé que la mission conduite par la jeunesse et les leaders communautaires n’avait pas vocation à se substituer à l’État, mais uniquement à préserver la paix et à prévenir de nouveaux affrontements.

Enfin, Nicolas Madyo Eriku a lancé un appel pressant aux autorités compétentes afin qu’elles accélèrent le traitement du dossier foncier, estimant qu’une décision rapide est indispensable pour rétablir durablement la paix et permettre aux habitants d’Ayaya de reprendre une vie normale.

Après plusieurs semaines de tensions et de violences, l’engagement pris par les familles Ayiko et Odru constitue un premier pas vers l’apaisement. Reste désormais à l’État de jouer pleinement son rôle afin que cette trêve ouvre la voie à une réconciliation durable et à une paix définitive dans le village d’Ayaya.

Rédaction

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