Les autorités sanitaires, administratives et communautaires des zones de santé de Logo et de Rimba se sont retrouvées mercredi 3 juin 2026 à Ndama, dans la chefferie des Djukoth, Territoire de Mahagi, pour évaluer l’évolution de l’épidémie de la maladie à virus Ebola et définir de nouvelles orientations de riposte.
La réunion, présidée par le chef de la chefferie des Djukoth, a permis aux responsables sanitaires de présenter la situation épidémiologique actuelle dans leurs juridictions respectives.
Selon le médecin-chef de la zone de santé de Logo, près de vingt cas suspects, dont un cas confirmé, ont déjà été enregistrés. Elle a exprimé son inquiétude face à la persistance des rumeurs, des fausses informations et de la résistance de certains membres de la communauté, autant de facteurs qui compliquent les efforts de lutte contre la maladie.
Dans la zone de santé voisine de Rimba, les autorités sanitaires déplorent également le scepticisme de certains habitants malgré la confirmation de plusieurs cas dans différentes localités. Le médecin-chef de zone a rappelé que le virus Ebola se transmet par contact direct avec une personne infectée ou avec ses fluides biologiques, et non par voie aérienne comme le prétendent certaines rumeurs.
Les participants ont par ailleurs été rassurés sur le fonctionnement effectif du Centre de Traitement d’Ebola (CTE) installé à l’Hôpital Général de Référence de Logo. Les équipes médicales ont insisté sur la nécessité pour la population de consulter rapidement les structures de santé dès l’apparition des premiers symptômes tels que la fièvre, les maux de tête, la fatigue ou les douleurs de gorge.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été adoptées. Elles portent notamment sur le renforcement de la sensibilisation communautaire, l’identification précoce des cas suspects, la lutte contre la désinformation véhiculée sur les radios locales et les réseaux sociaux ainsi que la sécurisation du Centre de Traitement d’Ebola par les forces de l’ordre.
La coordination de la société civile a également proposé plusieurs mesures complémentaires, parmi lesquelles la surveillance renforcée du CTE de Logo par la Police nationale congolaise, la suspension temporaire des activités de certains tradipraticiens durant la période épidémique, l’interdiction d’annonces radiophoniques relatives aux cérémonies funéraires des victimes d’Ebola ainsi que des sanctions contre toute violation des mesures préventives édictées par les autorités provinciales et coutumières.
Pour la société civile, l’évolution de l’épidémie dépendra largement du comportement de la population. Son coordonnateur a appelé les habitants à collaborer avec les équipes de riposte et à respecter strictement les mesures de prévention afin d’éviter une aggravation de la situation sanitaire.
Clôturant les travaux, le chef de la chefferie des Djukoth, Sa Majesté Aipacu Lossani Atinda Jean, a lancé un appel à l’unité et à la responsabilité collective. Il a exhorté les autorités locales, les leaders communautaires et l’ensemble de la population à conjuguer leurs efforts pour stopper la progression d’une épidémie qui continue de menacer plusieurs localités du territoire de Mahagi.
Alors que les autorités renforcent leur dispositif de riposte, le défi majeur reste désormais l’adhésion de la population aux mesures de prévention. Car au-delà des infrastructures et des moyens déployés, c’est la vigilance collective qui pourrait déterminer l’issue de la lutte contre Ebola dans cette partie de l’Ituri.
Oscar Uyergiu Ung’i

